Ce que vous risquez pour un excès de vitesse inférieur à 10 km/h

Dépasser la limite de vitesse, même de quelques kilomètres-heure seulement, n’a rien d’anodin pour le permis de conduire. En France, un excès de vitesse inférieur à 10 km/h déclenche systématiquement des sanctions. Une amende de 68 euros attend le conducteur pris en faute en agglomération, ramenée à 45 euros si le règlement est rapide. Un point s’envole aussi du permis, sans discussion possible.

Ce genre d’écart, parfois banalisé, s’inscrit pourtant dans la politique de sécurité routière. Les autorités rappellent que chaque kilomètre-heure en trop, si minime soit-il, alourdit le risque d’accident. Derrière une infraction perçue comme “petite”, c’est toute la logique de prévention qui s’active.

Les chiffres du ministère de l’Intérieur sont sans appel : en 2020, 7,2 millions de procès-verbaux ont été dressés pour des excès de vitesse allant de 1 à 5 km/h au-dessus du maximum autorisé. La plupart de ces contraventions ont été relevées hors agglomération (5,8 millions). Plus de la moitié des points retirés le sont pour des dépassements de moins de 5 km/h. Autrement dit, les petits excès de vitesse sont monnaie courante sur les routes françaises.

L’Ifsttar (Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux) a mené une étude qui fait réfléchir : 46 % des accidents graves sont liés à de modestes excès de vitesse. Si la mortalité routière liée aux grands dépassements a nettement reculé de 2001 à 2010, celle causée par des excès inférieurs à 10 km/h s’est accrue sur la même période. Autant dire que le moindre chiffre au compteur peut bouleverser une vie.

Les données publiées par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière valent aussi leur pesant d’alerte : 3 541 personnes sont mortes sur les routes de France en 2022, soit une hausse de 10,1 % par rapport à l’année précédente. Ce niveau se rapproche de celui de 2019 (+1,3 %), tandis que le nombre de morts en ville ou sur les routes de campagne reste stable. Sur autoroute, le nombre de victimes a bondi de 14 % par rapport à 2019. Ces évolutions témoignent de l’impact concret des petits excès de vitesse sur la sécurité routière.

Amendes et retraits de points pour un excès de vitesse inférieur à 10 km/h

La législation française ne fait pas de distinction : même un faible dépassement est sanctionné. Un excès de vitesse inférieur à 10 km/h correspond à une contravention de classe 4. L’amende forfaitaire s’élève à 68 euros, ramenée à 45 euros si elle est payée dans les 15 jours suivant la réception de l’avis. Si le paiement tarde, la note grimpe à 180 euros. À cela s’ajoute le retrait systématique de 1 point sur le permis. Ce point peut être récupéré après six mois sans nouvelle infraction, à condition que le conducteur ne commette pas d’autres écarts durant cette période. Mais une succession de petits excès peut vite conduire à une invalidation du permis, car les retraits s’additionnent.

Ces règles s’appliquent partout en France, sans distinction entre agglomération et rase campagne. Dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille, où la circulation est dense, les contrôles sont fréquents et rigoureux. Radars fixes, radars mobiles : tout est mis en œuvre pour détecter les dépassements. Les informations captées partent directement vers le ministère de l’Intérieur, qui centralise et transmet les avis de contravention.

voiture vitesse

Recours et contestations en cas d’excès de vitesse inférieur à 10 km/h

Si un avis de contravention arrive dans votre boîte aux lettres pour un excès de moins de 10 km/h, il existe plusieurs moyens d’agir. Vous pouvez engager une contestation si vous estimez que l’infraction est injustifiée ou si des erreurs figurent sur le document reçu. Ce recours doit être initié dans les 45 jours suivant la notification.

La procédure impose l’envoi d’un courrier recommandé avec accusé de réception au ministère de l’Intérieur, accompagné des pièces justificatives (photos, attestations, etc.). Mieux vaut expliquer de façon précise et argumentée les raisons qui fondent la contestation. L’administration, sous la houlette de Gérald Darmanin, examinera les éléments transmis.

Si la contestation n’aboutit pas, deux choix restent possibles :

  • Payer l’amende forfaitaire majorée, fixée à 135 euros.
  • Demander à être entendu par le tribunal de police pour défendre votre dossier.

Pour ceux qui souhaitent récupérer des points, il est également possible de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ce stage, qui dure deux jours, permet de regagner jusqu’à quatre points sur le permis, à condition de le réaliser dans un centre agréé. Le tarif oscille entre 200 et 300 euros selon l’organisme.

La Ligue contre la violence routière, par la voix de Pierre Lagache, rappelle à quel point ces stages contribuent à faire prendre conscience des dangers liés à la route. Les statistiques de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, avec 3 541 morts en 2022, rappellent que la vigilance ne se négocie pas.

Au fond, chaque excès, même minuscule, laisse une trace. Un chiffre sur un procès-verbal, parfois un point de moins sur le permis, et trop souvent, un impact qui va bien au-delà du simple portefeuille. La prochaine fois que l’on frôle la limite, mieux vaut garder à l’esprit tout ce qui peut basculer en un battement d’aiguille sur le compteur.

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